Recherche clinique : la France peut-elle s’inspirer du modèle espagnol ?
|L’Espagne s’est imposée comme le leader européen des essais cliniques, attirant toujours plus de laboratoires pharmaceutiques. Face à cette dynamique, la France, malgré ses atouts, peine à rivaliser. Quels enseignements tirer de ce succès ibérique pour relancer l’attractivité hexagonale ?
Un enjeu stratégique et économique
Les essais cliniques, étape cruciale avant la commercialisation d’un médicament, représentent jusqu’à 90 % des coûts de développement, soit plusieurs milliards d’euros. Or, avec des délais pouvant atteindre 15 ans, les industriels privilégient les pays où les procédures sont rapides et les infrastructures performantes.
L’Espagne excelle sur ces deux fronts : ses délais d’autorisation (149 jours en moyenne contre 160 en France) et sa centralisation administrative via l’Agence espagnole des médicaments (AEMPS) en font une destination privilégiée. Résultat : en 2022, le pays a autorisé 924 essais, loin devant ses voisins européens.
Les freins français
Malgré des atouts indéniables comme son réseau hospitalo-universitaire de qualité et des startups innovantes dans le matching patients/essais, la France pâtit de :
- Procédures fragmentées entre multiples organismes (ANSM, CPP, CNIL…)
- Délais d’autorisation encore trop longs (160 jours en moyenne)
- Un écosystème moins intégré entre recherche publique et privée
Quelles solutions ?
Plusieurs leviers pourraient permettre à la France de retrouver son leadership :
- Rationaliser les processus d’autorisation
- Améliorer la coordination entre acteurs publics et privés
- Renforcer les incitations fiscales
- Développer des plateformes régionales spécialisées
L’enjeu dépasse la simple attractivité économique : il concerne l’accès des patients français aux innovations thérapeutiques et la souveraineté sanitaire du pays. Le modèle espagnol montre qu’une approche pragmatique et coordonnée porte ses fruits. À la France de s’en inspirer tout en valorisant ses spécificités.